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Exposition - signature et rencontre autour de "Poème sucré de mon enfance" du Port à Jauni

Depuis ce 15 mars 2022, nous avons la chance de pouvoir montrer le travail de Frédéric Hainaut qui a servi de matériau plastique au livre Poème sucré de mon enfance, paru aux singulières éditions marseillaises du Port a jauni en 2022. Le Port a jauni édite des albums de poésie bilingues français-arabe, conçus et mis en page par Mathilde Chèvre. La direction éditoriale y est tout autant une direction artistique. Il y a dans le travail de Mathilde une compréhension directe et profonde des œuvres littéraires et plastiques qu’elle découvre, qu’elle glane, pour un beau jour les manufacturer en livre.

Ainsi dans Poème sucré de mon enfance on participe à la rencontre des dessins de Frédéric et d’un poème d’Assam Mohamed. L’un est peintre et dessinateur belge, l’autre, Soudanais ayant pris la route de l’exil, a écrit ce poème d’enfance dans le cadre de cours de français donnés par Elsa Valentin. Tissé dans les deux langues, le poème d’Assam est large comme un désert, déterminé comme une chèvre ; sans nostalgie, c’est le poème d’un homme « qui réapprend à parler dans une langue nouvelle. »
Les correspondances thématiques entre les œuvres - le gravé de l’enfance, le feu fauve du souvenir, le redéploiement vital, la source vive, le désapprendre, le réapprendre - s’agencent sous terre, affaire de racines, hors la vue. Tandis que les formes, littéraires et plastiques, trouvent toute leur cohérence figurative sous la forme du livre : les images ni ne s’illustrent ni ne se chassent mais se côtoient, dans un carnet d’écolier soigné, tenu au-delà de l’enfance, conscient des traces qu’il laisse.

Les dessins de Frédéric, comme surgis entre deux conversations, puis repris là où ils en étaient et poursuivis dans le sens qu’ils échafaudaient, par pur plaisir, parce que la feuille et les crayons sont toujours là tout près de lui, tracent des intériorités humaines, des impressions brutes, des ressassements parfois. Épaisse matière vivante, orange, bleu ou vert qui sourdent, figures fugaces, le dessin avance jusqu’à sa limite propre. Il y a aussi le trait d’enfant, insouciant, incertain mais certain de poursuivre, tant que le jeu est ici.
(Texte de Pierre-Nicolas Bourcier)